L'église Notre-Dame de Dame-Marie-les-Bois

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Esquisse de l'église

L'église de Dame-Marie-les-Bois est un édifice composite constitué au cours des siècles par des adjonctions successives.

La partie la plus ancienne, la moitié de la nef du côté du chœur, remonte au début du XIIe siècle. Le chœur lui même semble avoir été entièrement reconstruit au début du XIIIe siècle comme le montrent l’arc brisé qui en marque l'entrée et la très belle voûte d’ogive. Dès l’origine, sur son pignon, le mur extérieur du chœur disposait d’un petit pigeonnier à deux trous de boulin.

D'autres remaniements ont eu lieu; c’est le cas en particulier au XVIe siècle au cours duquel l’église reçut son clocher, puis au XVIIIe siècle quand le seigneur de la Guérinière fit construire une chapelle latérale au nord du chœur.

Mais les modifications les plus importantes prennent place au milieu du XIXe siècle, au moment où il fallut allonger l’église devenue trop petite. C’est alors qu’on supprima le porche et la galerie en bois qui donnait sur l’ancien cimetière pour agrandir de 8 mètres la nef et reconstruire une nouvelle entrée, de style roman, celle qui existe aujourd’hui. Parallèlement, on rééquilibra l’édifice par l’adjonction d’une seconde chapelle latérale au sud et on édifia une tribune au fond de la nef pour y loger les écoliers.

Les travaux opérés depuis 150 ans se sont efforcés de conserver l’édifice en bon état (couverture, redressement du clocher, enduits extérieurs, pose de nouveaux vitraux, refonte de la cloche...)


La façade

La façade de l’église, d’allure romane, porte la date de 1848. C’est en effet à cette date que la nef a été allongée pour loger une population en vif accroissement. On ne sait rien de la façade primitive.

 

Façade de l'église

Intérieur de l'église

Intérieur

L’arc brisé ouvre sur le chœur de style gothique reconstruit au début du XIIIe siècle. Les deux chapelles latérales datent, pour celle du nord du milieu du XVIIIe siècle (la date de 1751 est gravée dans la pierre) et pour celle du sud, du milieu du XIXe siècle, époque d’agrandissement de l’église. Le décor a été entièrement repeint en 1823. Parmi les saints honorés à l’autel figure le patron du fils aîné du châtelain de l’époque, St Anatole.

La voûte du chœur

La voûte du chœur est la partie la plus intéressante de l’église. Elle est bombée conformément au style angevin qui se développe dans la région à la fin du XIIe siècle. Elle repose sur deux nervures qui elles mêmes s’appuient sur des culots sculptés. La clef de voûte est décorée dans chaque angle par quatre têtes dont l’une est couronnée.

La clé de voute

La cloche

La cloche

Le clocher en bois semble avoir été édifié au XVIe siècle. La cloche offerte par le seigneur du village Rangeard de la Boissière en 1770 a été fondue pendant la Révolution. Mais à cette époque, l’église avait bénéficié d’une petite cloche provenant de l’abbaye de Fontaine-les-Blanches toute proche. Cette dernière, fêlée, a été refondue à Orléans en 1953.


 

La plaque funéraire

Sur le mur ouest de la chapelle seigneuriale est apposée la plaque funéraire du plus illustre des seigneurs de la Guérinière, Ravot d’Ombreval, à l’époque de sa mort en 1729 intendant de Tours. Elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

« Cy git Messire Nicolas Jean Baptiste Ravot chevalier seigneur d’Ombreval la Guérinière Blémard Dame Marie et autre lieu conseiller du Roy en tou ses conseille maistre des resqueste ordinaire de son hotel, conseillier d’honneur de la cour des aides si devant avocat général de la dite cour lieutenant général de polise de la ville provosté et viconté de Paris intandant pour le Roy de la Touraine décédée en son château de la Guérinière le 18 8bre 1729 agé de 49 anné. »

 

La plaque funéraire

Judith

Judith et Holopherne

Il y avait dans l’église de Dame-Marie un tableau représentant un thème biblique assez courant dans la peinture du XVIIe siècle, la décapitation du général assyrien Holopherne par la jeune juive, Judith. Ce tableau provenant du château de la Guérinière avait été classé en 1921. Malgré cela, il se trouvait en 1995 dans un état de délabrement avancé. Il a pu bénéficier, ainsi que son cadre doré du XVIIIe siècle, d’une campagne de restauration d’œuvres d’art effectuée par le Département avec l’aide de l’Etat. N’ayant pu être réinstallé à son emplacement d’origine, il a intégré les collections du Département. Par contre, une reproduction est présentée aujourd’hui en lieu et place de l’original sur le mur ouest de la chapelle seigneuriale où le tableau se trouvait depuis la construction de cette chapelle.

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